Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir

Par Stacey Caceus

J’ai l’impression d’avoir fait du bénévolat toute ma vie ! Dès ma petite enfance, que ce soit en famille ou à l’école, on m’a inculqué les valeurs de la générosité et du don de soi. Néanmoins, parmi toutes mes expériences de bénévolat, il y en a une qui reste gravée dans ma mémoire et dans mon cœur.

On m’avait souvent dit qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, mais je n’avais jamais compris le sens de cette phrase avant cette expérience. J’étais dans le comité de leadership d’un groupe pour jeune et nous avions comme objectif d’apprendre à nos adolescents l’importance d’être généreux et d’aimer en posant des actions concrètes envers les gens qui nous entourent. Je ne sais pas si vous vous rappelez votre adolescence, mais cette période d’émancipation, de quête identitaire et pour certain de résistance face aux autorités vient complexifier cet enseignement.

L’équipe dont je faisais partie se rencontrait chaque semaine pour mettre sur pied des initiatives communautaires pour que nos jeunes puissent expérimenter ce qu’est le bénévolat, le don de soi et la générosité. Je me souviens quand la planification était difficile, ou qu’on doutait de la réalisation de nos objectifs on se répétait que « si l’on veut que nos jeunes marchent nous ont doit courir, si l’on veut qu’ils courent nous on doit sprinter ». On s’est donc donné complètement pour ce projet et en bout de ligne, nous avons tellement reçu ! L’apprentissage n’était pas seulement pour notre groupe, mais pour nous même.


Je me souviens de parents qui venaient nous voir pour nous demander qu’est-ce qui se passait avec leur enfant, d’où venaient leur motivation et leur constance. Je me souviens de jeunes qui sont venus s’impliquer chaque jour de leur semaine de relâche dès 8h du matin, des jeunes qui devenaient sensibles à des causes comme l’itinérance, la monoparentalité, la maladie, les personnes à besoin spécifique et bien plus. Je crois qu’il n’y a rien de plus beau que de voir s’illuminer dans les yeux d’un adolescent un désir de faire la différence dans la vie des gens qui l’entourent et de comprendre que nous avons la capacité de changer notre monde une action à la fois.

L’événement qui m’a le plus marqué est un « Party d’été » que nous avions organisé pour des résidents d’un HLM. Nous voulions leur offrir une journée mémorable BBQ, numéros spéciaux, jeux gonflables, maquillage, kiosque de jeux… une vraie kermesse ! Vous comprenez que les finances restent toujours un enjeu dans le monde communautaire. Nous avons donc orchestré une panoplie d’activité de collecte de fonds et l’implication de nos jeunes étaient inspirante : des journées d’emballage dans les supermarchés, de la vente de nourriture, de l’investissement monétaire et plus encore. Ces adolescents se sont donnés corps et âme pour ramasser des fonds pour des familles qu’ils n’avaient encore jamais rencontrées et qui n’auraient jamais aucune idée de tous leurs sacrifices.

Le jour de l’activité, nous avons passé un moment merveilleux et je me souviens qu’une mère a dit à un de nos jeunes en pleurant que c’était un miracle, car elle se demandait le matin même comment elle allait nourrir ces enfants cette journée-là. Lorsqu’il a partagé sa discussion avec tout le groupe et plein d’autres témoignages de la journée, ils étaient tous tellement fiers et heureux. À la fin de l’année, nous avions un groupe de jeunes qui était plus mature, plus épanouie et si je peux me permettre beaucoup plus humain. Cette année-là, nous avons tous réalisé qu’il y a beaucoup plus de joie à donner qu’à recevoir.

Références pour aller plus loin :

Gagnon, É., & Fortin, A. (2002). L’espace et le temps de l’engagement bénévole : essai de définition. Nouvelles pratiques sociales, 15 (2), 66-76.

McAllum, K. (2014). Meanings of organizational volunteering: Diverse volunteer pathways. Management Communication Quarterly, 28 (1), 84–110