[Résumé] 5 à 7 numéro 3 : Bénévolat pour et par les personnes âgées

Nous organisons trois fois par année des 5 à 7 du bénévolat dans le Quartier latin à Montréal. L’objectif de ces événements est de discuter des enjeux du bénévolat de façon décontractée, mais aussi de faire du réseautage et de créer une véritable communauté de pratique autour des enjeux du bénévolat à Montréal.

Le 27 février dernier, pour notre premier 5 à 7 de l’année 2020, nous avons reçu quatre invités pour une table ronde sous le thème du “Bénévolat pour et par les personnes âgées”. Les panélistes ont reconnu la richesse et la grande disponibilité des bénévoles âgés tout en soulignant les particularités de recrutement et de rétention propres à cette génération. 

Nos invités étaient Maryse Grenier, gestionnaire au Bénévolat et aux Loisirs du Centre hospitalier de Soins de Longue Durée (CHSLD) Providence Notre-Dame-de-Lourdes, Linda Benjamin, responsable du recrutement des bénévoles au Comité d’Animation du Troisième Âge de Laval (CATAL), Élise Robert, Présidente bénévole du Comité Région Montréal pour la cause Fibrose Kystique et anciennement bénévole, désormais employée à temps partiel au CATAL, puis finalement Gérald Vigeant, bénévole âgé chez Suicide Action Montréal. 

Le thème fut tout d’abord présenté par Nicolas Bencherki qui a rappelé la pertinence du sujet choisi face aux nouvelles réalités du bénévolat en transformation liées au vieillissement de la société. Par la suite, Gabrielle a mentionné que la littérature scientifique affirme que les personnes de 65 ans et plus sont parmi celles qui exécutent le plus grand nombre d’heures de bénévolat formel et informel. Elle a aussi rappelé que le bénévolat est reconnu pour avoir des conséquences positives sur le vieillissement actif et la santé des aînés. 

Dès la première question, l’enjeu de l’âge a soulevé plusieurs réactions chez les panélistes. Tous n’étaient pas d’accord pour reconnaître le vieillissement comme un frein à leur engagement, bien au contraire. La première question sur les motivations à faire du bénévolat après l’âge de la retraite est venue mousser les débats avec l’intervention de Monsieur Vigeant sur le terme même de la retraite qu’il n’aime pas, étant lui-même retraité et bénévole chez Suicide Action Montréal depuis plus de 12 ans. Élise Robert a partagé ce point de vue en illustrant par son expérience que la retraite ne veut pas nécessairement dire désengagement et arrêt de travail au sens propre du terme. Par contre, d’après nos panélistes, le fait d’avoir de plus en plus de personnes, les dénommés baby-boomers (56 à 75 ans), arrivant à la retraite n’est pas synonyme d’accès à un plus grand bassin de bénévoles.

Maryse Grenier a décrit en ce sens certains défis du recrutement. Cette dernière a qualifié les baby-boomers de particulièrement pointilleux et comme amenant une complexité supplémentaire pour l’organisation. Elle a comparé leurs pratiques aux traditionnels, soit les plus âgés (119 à 74 ans) qui seraient d’après elle, les plus fiables, loyaux et fidèles au poste. Ce point de vue n’a pas fait l’unanimité. Néanmoins, cette assiduité du bénévole âgé viendrait avec certaines limites d’exécution de tâches, à l’instar des générations plus jeunes qui seraient, elles, moins ponctuelles et régulières, mais utiles pour des missions plus demandantes, en administration par exemple, venant ainsi clarifier les spécificités générationnelles relatives à ces témoignages du milieu. Linda Benjamin est venue nuancer les propos en ajoutant qu’au CATAL, l’organisation jumelle les plus jeunes et les plus vieux dans des ateliers de transition vers le numérique ce qui permet à plusieurs générations de collaborer et d’apprendre ensemble.

Somme toute le panel fut très riche grâce aux quatre trajectoires différentes des panélistes et aux interventions dynamiques du public. Il est possible de visionner la conférence sur notre chaîne Youtube.