Les bénévoles, acteurs de la résilience face aux catastrophes humanitaires

Le bénévolat sera de plus en plus essentiel pour faire face aux désastres écologiques et aux catastrophes humanitaires. Il est toutefois possible pour les gestionnaires de moderniser leurs stratégies pour s’adapter aux nouvelles pratiques bénévoles. Parmi celles-ci: développer des stratégies plus flexibles de recrutement et stimuler le bénévolat en ligne. C’est du moins ce qu’écrivent les chercheurs Blythe McLennan, Joshua Whittaker et John Handmer dans leur article The changing landscape of disaster volunteering: opportunities, responses and gaps in Australia, publié en 2016.

En effet, pour les auteurs, il est clair que les bénévoles auront un rôle plus important dans la réduction des risques de catastrophe et la gestion des désastres dans un avenir rapproché. Les gouvernements devront donc savoir comment les mobiliser. Or, les stratégies de ceux-ci visent encore à mobiliser le bénévole traditionnel qui s’implique à long terme, et non pas les nouveaux bénévoles qui sont plus flexibles et s’impliquent plus épisodiquement. Il est donc plus qu’urgent pour les gouvernements de moderniser leur stratégie de recrutement des bénévoles humanitaires, et également de s’adapter aux nouvelles technologues numériques.

Pour faire face à ces défis, les auteurs identifient donc cinq défis principaux. Le premier est d’élaborer et de mettre en œuvre des modèles de bénévolat plus flexibles. Il faudrait offrir des parcours de bénévolat plus diversifiés et des engagements à court terme, et tenir compte des différentes façons dont les gens s’engagent dans le bénévolat au cours de leur vie (bénévolat épisodique).

Ensuite, il faut encourager la contribution des bénévoles spontanés. Cela veut dire d’enregistrer et de jumeler des bénévoles potentiels aux besoins des organisations gouvernementales, non gouvernementales et communautaires qui aident les communautés touchées dans la période qui suit immédiatement une catastrophe. Le troisième facteur est de renforcer les capacités pour mobiliser des bénévoles numériques. Dans un contexte de catastrophe, les bénévoles numériques peuvent créer et utiliser des espaces virtuels comme plates-formes pour coordonner les réponses informelles qui peuvent être intégrées au système formel de gestion des urgences.

La quatrième option est d’encourager le bénévolat axé sur les compétences. Il faut se connecter au mouvement émergent de l’entrepreneuriat social et au désir des jeunes ainsi que des retraités d’utiliser leurs compétences professionnelles dans des rôles de bénévolat plus épisodiques et basés sur des projets.

Et pour finir, il faut « coproduire » une réduction communautaire des risques de catastrophe. La coproduction étant définie comme une forme de participation des citoyens à l’élaboration des politiques, dans laquelle les citoyens sont directement impliqués dans la phase d’exécution des politiques publiques par la conception et la fourniture de services publics.