Burnout et bénévolat : l’importance de satisfaire les motivations des bénévoles

Bien que le bénévolat soit défini comme le fait de donner librement du temps pour une cause ou une organisation, plusieurs études démontrent que de plus en plus de bénévoles subiraient des symptômes d’épuisement professionnel, une maladie normalement beaucoup plus présente dans le secteur du travail salarié. Une nouvelle étude nommée « Volunteerism and Burnout: Does Satisfaction of Motives for Volunteering Protect Against Symptoms? » fait un pas de plus dans la compréhension de ce nouveau phénomène en étudiant en quoi le lien entre les motivations des gens à faire du bénévolat et la mesure dans laquelle ces motivations sont satisfaites peut prédire l’épuisement professionnel.

Selon une certaine littérature scientifique de nature fonctionnaliste, la concordance entre les motifs que le bénévole considère comme importants et les possibilités organisationnelles pour satisfaire ces motifs est un indicateur de la persévérance et de la satisfaction du bénévole dans un rôle ou une organisation particulière, quelle que soit la nature de la motivation. En effet, les bénévoles sont plus satisfaits et plus susceptibles de continuer à faire du bénévolat lorsqu’ils sont en mesure d’atteindre les objectifs les plus importants pour eux, que ces objectifs soient de nature sociale (rencontrer des gens), de valeurs (s’impliquer dans une grande cause), éducative (apprendre des nouvelles choses) ou carriériste (améliorer son c.v.).

Le bénévolat peut donc être très satisfaisant et épanouissant, mais les bénévoles peuvent également rencontrer des défis qui mènent à des résultats négatifs et une non-atteinte de leurs objectifs. Le manque de structure d’une organisation peut être une cause entraînant une expérience négative, tout comme le fait de donner des descriptions de tâches trop floues ou des procédures trop informelles. L’épuisement professionnel pour le bénévole peut par conséquent survenir dans n’importe quel rôle et dans n’importe quel contexte lorsque les sentiments de frustration, d’épuisement et d’insatisfaction dépassent les avantages tirés de l’implication.

Pour tester leur hypothèse les chercheurs ont fourni un sondage à plus de 800 bénévoles américains. Les résultats démontrent que les bénévoles qui ont déclaré s’impliquer pour des motifs de bénévolat liés à une valeur élevée ont signalé beaucoup moins de symptômes d’épuisement professionnel que les bénévoles qui ont déclaré des motifs de faible valeur. Cela veut dire que les bénévoles qui atteignent leurs objectifs de motivation à l’intérieur de leur implication sont moins susceptibles de développer des symptômes d’épuisement professionnel. Les organisations doivent donc être très attentives aux causes qui poussent leurs bénévoles à s’impliquer, et elles doivent faire tout en leur possible pour tenter de donner satisfaction à ces causes.

Référence complète :                 

Morse, J. L., Dik, B. J., Shimizu, A. B., & Reed, K. A. (2020). Volunteerism and Burnout: Does Satisfaction of Motives for Volunteering Protect Against Symptoms?. VOLUNTAS: International Journal of Voluntary and Nonprofit Organizations, 1-13.