Bénévolat ou travail gratuit ?

Depuis le début de notre projet de recherche, l’une de nos préoccupations centrales est de remettre en question certains présupposés que nous avons à propos du bénévolat. Par exemple, il est courant de définir le bénévolat comme un don de soi qui n’aurait aucun lien avec la sphère du travail salarié. Or dans le contexte néolibéral de transformations du travail, force est de constater que la frontière entre le travail « bénévole » et le travail « non bénévole » (au sens de travail salarié) est particulièrement floue. C’est du moins ce que nous avons tenté de démontrer dans notre article « (Re)donner au bénévolat sa juste valeur. Les pratiques de travail bénévoles à l’ère du capitalisme néolibéral », publié dans la revue Nouvelles pratiques sociales à l’automne 2021.

Cet article se décline des trois façons suivantes:

  • Nous résumons tout d’abord les définitions classiques du bénévolat, qui vont de l’action non obligatoire, au don de soi, en passant par la charité chrétienne.
  • Nous démontrons ensuite que ces définitions n’ont plus de sens face à la montée du néolibéralisme. En effet le néolibéralisme se caractérise par la transformation de la concurrence en forme générale des activités de production. Conséquemment le bénévolat est constamment récupéré par le cycle d’accumulation de la valeur, notamment dans la sphère de la production, de la reproduction de la force de travail, mais aussi dans la sphère du travail de consommation.
  • Pour illustrer cet exemple, nous détaillons trois études de cas où des actions bénévoles sont récupérées par le cycle d’accumulation du capital: premièrement le développement des logiciels libres, ensuite le nettoyage gratuit des parcs, et puis pour finir l’implication des patients dans le travail de soin (les patients-experts).