[Résumé] Journée d’étude du 1er novembre 2019

Nicolas Bencherki et Coline Senac présentent les résultats préliminaires de la cartographie du bénévolat à Montréal.

Nous étions plus de 40 personnes, lors la deuxième édition de notre journée d’étude le 1er novembre dernier, à être réunies pour réfléchir aux transformations, aux enjeux et aux défis du bénévolat. L’événement a permis entre autres aux chercheurs de bénévolat en mouvement de présenter leur premier résultat de recherche sur la cartographie du bénévolat à Montréal et aux pratiquants de se familiariser avec les liens entre le bénévolat et le droit du travail.

La journée s’est ouverte avec la présentation d’un des premiers volets de notre recherche, menée par Coline Sénac (UQAM), Nicolas Bencherki (TÉLUQ) et Consuelo Vásquez (UQAM), qui consistait à cartographier les pratiques du bénévolat dans la région de Montréal et des alentours. L’objectif de l’étude, basé sur 23 entrevues avec des personnes qui font ou encadrent du bénévolat, était de proposer une vue d’ensemble des pratiques de bénévolat à partir des motivations, des intérêts et des valeurs des acteurs issus des milieux où se pratique le bénévolat à Montréal.

Les chercheurs ont ainsi pu dévoiler lors de leur présentation quatre grandes tensions repérées dans les discours des acteurs en place. Précisons qu’il s’agit des résultats préliminaires. La tension entre le fait d’impliquer plus les membres existants ou d’en chercher de nouveaux est le premier défi des organisations. Une deuxième tension est celle entre le don et l’économisation : doit-on considérer le bénévolat avec désintéressement ou dans sa logique économique ? Les interviewés ne s’entendent pas. S’impliquer strictement à l’intérieur d’une institution ou à l’extérieur par le militantisme politique est la troisième tension tandis que la quatrième est l’action de recruter des gens pour qu’il développe des compétences en friction avec le fait de recruter des gens qui sont déjà des experts (bénévolat d’expertise). Les gestionnaires de bénévoles présents dans la salle ont par ailleurs souligné que toutes ces tensions existent réellement dans leur travail, notamment celle du bénévolat d’expertise où plusieurs organisations sont tentées par le fait de trouver des bénévoles déjà formés dans leur domaine.

La journée s’est poursuivie avec le panel de partage de bonnes pratiques de reconnaissance des bénévoles qui a réuni Lise Pettigrew du CHUM, Martine Leroux d’Accès bénévolat et Geoffrey Molle de la Société Canadienne du Cancer. Les trois intervenants se sont entendus pour affirmer que la reconnaissance des bénévoles de leur organisme doit s’effectuer non pas une ou deux fois par année, mais bien à chaque instant. En plus de la reconnaissance formelle qui passe par les fêtes officielles, ceux-ci ont mis beaucoup d’accent sur l’importance de la reconnaissance informelle, qui implique des petits gestes au quotidien (simplement dire bonjour, merci) et une reconnaissance personnalisée (carte de fête). La reconnaissance est également une bataille continue pour que les institutions en question reconnaissent les bénévoles et allouent du budget pour les événements qui soulignent leur contribution.

La journée s’est terminée avec l’atelier « Le bénévolat et le droit du travail » animé par Johanne Tellier, membre du Barreau du Québec depuis 1986, et Nicolas Bencherki (Teluq). Mme Tellier a premièrement insisté sur le fait qu’il peut y avoir des zones grises quand le statut de quelqu’un change, par exemple lorsqu’un organisme perd une subvention et qu’un employé auparavant salarié devient bénévole. L’importance dans ce cas est d’être parfaitement clair avec la personne et de ne pas faire miroiter un emploi qui n’arrivera pas. Dans l’optique d’un éventuel litige, il est important de connaître et de révéler l’intention véritable des parties.

Dans le cas d’une entreprise à but lucratif, celle-ci peut très bien employer légalement des bénévoles pour faire les tâches d’un employé auparavant rémunéré, mais les bénévoles peuvent s’adresser devant un juge et obtenir rétribution. La situation est plus compliquée pour un organisme à but non lucratif (OBNL). Il est possible pour un OBNL d’avoir un employé et un bénévole qui remplissent les mêmes fonctions, tant évidemment que la situation est claire pour toutes les parties. Il est cependant important, souligne Mme Tellier, d’enregistrer ses bénévoles à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et de leur étendre également les protocoles sur le harcèlement physique ou psychologique. Dans le cas d’un milieu syndiqué comme un hôpital, il est aussi important de ne pas donner des tâches d’employé syndiqué à un bénévole.

Un vidéo récapitulatif de la journée d’étude sera bientôt disponible, abonnez-vous à nos réseaux sociaux, Facebook et Twitter, pour vous tenir au courant de nos prochains événements ! Le power-point de la présentation sur la cartographie du bénévolat est également disponible ici !