Nouveau portrait du bénévolat au Québec

Les bénévoles québécois sont bien scolarisés, ils sont âgés de plus de 55 ans et sont majoritairement des femmes, tels sont les constats du dernier cahier de recherche du Réseau de l’action bénévole du Québec, publié le 25 juillet dernier.

Le cahier de recherche intitulé « Portraits régionaux des bénévoles et du bénévolat » découle de la Stratégie gouvernementale en action bénévole 2016-2022. On y apprend que 80 % des Québécois déclarent être bénévole. Toutefois, seulement 38 % de la population effectue du bénévolat « formel », c’est-à-dire auprès d’un organisme. La balance offre plutôt ses services directement et gratuitement à des individus sans être associée à une organisation.

Ce bénévolat dit « informel » est tout de même du bénévolat, puisque le cahier définit le phénomène comme suit :[…] un bénévole est quelqu’un qui donne, volontairement et sans rémunération, son temps et ses capacités, au service d’une cause, d’une organisation ou d’une personne pour accomplir une fonction ou une tâche. (p. 5) Une personne effectuant une collecte de fonds pour la Croix-Rouge de même qu’une personne aidant son voisin dans sa vente de garage sont toutes deux des bénévoles selon cette définition, à condition qu’elles ne soient pas rémunérées.

Selon les résultats du rapport qui ont été obtenus grâce à un sondage effectué auprès de 3338 personnes choisies au hasard, 46 % des bénévoles s’impliqueraient seul. Leur engagement moyen se situerait entre 1 à 10 heures par mois (52 %) et durerait d’un à cinq ans (30 %). Elles seraient majoritairement des femmes à 52 %, en plus de posséder un diplôme universitaire (39 %), ou du moins collégial (26 %). Le bénévole québécois a également 65 ans et plus (26 %). Ce pourcentage monte à 43 % si on ajoute les 55 ans et plus.

Motivation en engagement

Au niveau des motivations à s’engager bénévolement, deux raisons sortent du lot : (1) « par plaisir ou par intérêt pour une activité pour une cause particulière » (71 % ; p. 9) ; et pour « socialiser, échanger et développer un sentiment d’appartenance à un groupe avec qui ils partagent un intérêt commun » (51 % ; p. 9). Fait surprenant, le facteur « pour aider, rendre service, redonner » (p.  9) ne récolte que 2 % d’appuis.

Parmi les motivations qui poussent les bénévoles à maintenir leur engagement, on retrouve d’abord « contribuer à ma communauté » (55 %) et « mettre à profit mes compétences et mon expérience » (45 %). Les variables « améliorer mes perspectives d’emploi » (7 %) et « répondre à des obligations religieuses » (7 %) sont plus marginales.

Les secteurs les plus populaires pour effectuer du bénévolat sont la culture et les loisirs (37 %), et devancent ainsi les services sociaux (28 %) et la santé (19 %). Ces lieux expliquent bien que les tâches les plus répandues remplies par les bénévoles soient « apporter un soutien pour de l’accompagnement ou des soins de santé » (42 %) et « organiser un événement » (27 %).

Les bénévoles ont également plus tendance à faire des dons que la population en général. En effet, 92 % des bénévoles déclarent avoir effectué un don au cours de la dernière année contre 85 % pour les non-bénévoles. Les dons les plus populaires sont les dons en argent à un organisme (68 %) et les dons de biens à un organisme (64 %).

En guise de conclusion de l’étude, le cahier de recherche révèle que le meilleur moyen d’encourager le bénévolat serait par le biais de l’internet. En effet, le web serait l’outil privilégié pour stimuler le bénévolat pour 44 % des répondants, « proportion qui s’élève à 64 % chez les moins de 35 ans, mais à 30 % pour les 55 ans et plus » (p. 31). Les autres moyens sont les dépliants, les annonces dans les journaux communautaires ou encore les kiosques d’information.

Le Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ) regroupe 27 organismes multisectoriels de l’action bénévole, ce qui représente plus de 1,6 million de bénévoles dans la province.

Cliquer ici pour consulter le cahier de recherche.

 

Un article de Samuel Lamoureux